L' aube de 2050
Le temps avait passé inexorablement, laissant derrière lui une tristesse épaisse, presque palpable. En cette fin d’année 2049, il ne restait plus grand-chose, sinon l’incompréhension face à l’ampleur du désastre. Les paysages portaient encore les cicatrices visibles de la guerre, mais les blessures les plus profondes étaient invisibles, gravées dans les mémoires. Dans les rares bibliothèques encore debout, certains livres avaient survécu. Ils parlaient des années 2020, de cette période trouble où la troisième guerre mondiale aurait pu être évitée. Les auteurs employaient des mots prudents, presque hésitants, comme s’ils avaient pressenti que l’avenir les jugerait sévèrement. Les déclencheurs, écrivaient-ils, avaient été multiples : économiques, politiques, climatiques, identitaires. Aucun n’avait suffi à lui seul. C’est leur accumulation qui avait rendu l’effondrement inévitable. En France, un sentiment particulier s’était répandu lentement, insidieux. Celui d’être devenu étranger dans...