Le début de la fin
Les voitures devant moi roulaient très lentement. Leurs feux rouges glissaient dans la nuit comme une procession interminable. Une file compacte, silencieuse, presque immobile. Pourtant moi, j’étais pressé. Pressé de rentrer, pressé d’en finir avec cette journée sans visage, pressé de retrouver un appartement vide où seule la lumière du réfrigérateur semblait encore m’attendre. La lune était là, face à moi. Énorme. Blanche. Elle semblait suspendue juste au-dessus de la route nationale, comme si le ciel s’était abaissé durant la nuit. Je tapotai nerveusement le volant. À gauche, la voie opposée était libre. Une ligne droite parfaite. L’espace d’une seconde, ma décision était prise. Je double. Le moteur rugit. La voiture bondit vers l’avant. Les phares déchirèrent l’obscurité tandis que je dépassais un premier véhicule, puis un second. Comme une vieille habitude, un geste automatique répété mille fois. Le dépassement terminé, je me rabattis. Je regardai à nouveau par la vitre avant....