pourquoi
Incrédule, de nouveau ce matin. Je regarde mon téléviseur ; il diffuse en boucle des images d’explosion en plein centre d’une ville. Les reporters déversent un flot d’informations, graves, méthodiques, presque mécaniques. Derrière eux, la fumée monte en colonnes épaisses. On dirait que les événements qui se passent juste dans leur dos ne sont que les scènes d’un mauvais film de guerre. Des milliers de kilomètres me séparent de ces images. Et pourtant je ne parviens pas à détourner les yeux. Mon logement est un petit deux-pièces au rez-de-chaussée d’une maison ancienne. Rien d’extraordinaire. Une porte d’entrée qui ouvre directement sur le séjour. Une pièce modeste où cohabitent un canapé fatigué, une table ronde et un meuble bas sur lequel trône la télévision. Le parquet craque légèrement quand je me déplace. Les murs sont peints d’un blanc simple, presque fragile. À gauche, une ouverture sans porte mène à la cuisine. Un ensemble en bois clair en occupe tout un pan de mur : placards al...