Le maître des codes
Le monde des institutions financières m’a toujours paru impénétrable. Un labyrinthe de clauses, de chiffres et de signatures, où chaque mot semble avoir plus de poids qu’il n’en montre, où la moindre erreur peut tout remettre en cause. J’y entrais à reculons, comme on franchit le seuil d’un lieu étranger dont on ne connaît ni les usages ni la langue. Cette fois encore, la démarche me semblait lourde, confuse, intimidante. Les formulaires s’empilaient, les termes se mélangeaient, et je redoutais ce moment où la raison chancelle devant la froideur administrative. Je craignais l’erreur, le malentendu, cette impression de toujours manquer quelque chose. C’est alors que je l’ai rencontré. Son accueil fut simple, sans emphase. Il m’a salué avec une courtoisie tranquille, m’a invité à m’asseoir, puis a ouvert le dossier d’un geste mesuré. Il n’y avait chez lui ni froideur ni distance, seulement cette attention rare qui met à l’aise sans qu’on sache pourquoi. Quand il a commencé à parler, quel...