La femme de poussière
La poussière de la piste dansait dans les derniers souffles du jour. Même l’habitacle hermétique ne parvenait pas à l’empêcher de s’infiltrer, comme si elle cherchait Elias depuis toujours. Elle glissait sur le tableau de bord, argentée, bruissante, pareille à une cendre vivante qui essayait de lui parler. Elias roulait depuis des heures. Là-bas, derrière les collines basses, la nuit se rassemblait déjà, lente, majestueuse, prête à descendre d’un seul geste comme une reine fatiguée de sa patience. Il n’avait pas voulu l’affronter ici, sur cette piste qui n’apparaissait sur aucune carte , plus précisément, sur celles des hommes. Mais le soleil tombait plus vite que prévu. Comme s’il fuyait quelque chose. Les voix du village résonnaient encore en lui, lourdes de ce que la peur retient trop longtemps : Des lumières dans le ciel. Des formes gigantesques, plus vastes que les nuages. Des ombres qui glissent sans bruit. Personne ne s’attardait sur la piste au crépuscule. Personne, sauf lui. L...