Alpha 57 le final


Le Conseil suprême des scientifiques demeurait plongé dans le silence. La mort de Ferdick, annoncée comme certaine, soulevait plus de questions qu'elle n'apportait de réponses.

Toutes les expériences menées depuis la transmutation avaient échoué comment expliquer un phénomène impossible. Les appareils détectaient  encore une activité cérébrale inconnue dans les réseaux quantiques du laboratoire Alpha 57. Une présence. Une conscience.

— C'est impossible..., murmura le professeur Pascal.

Pourtant, chaque tentative de connexion révélait la même voix.

« Je suis toujours là. »

Les chercheurs comprirent alors que la transmutation n'avait pas seulement déplacé un cerveau. Elle avait libéré l'âme de Ferdick, devenue indépendante de toute enveloppe humaine.

Au fil des semaines, Ferdick communiqua avec eux. Il leur révéla que la conscience ne mourait jamais. Elle évoluait vers une dimension où le temps n'existait plus. Les scientifiques comprirent que, pendant mille ans, l'humanité avait cherché à vaincre la mort alors que celle-ci n'était qu'un passage.

Cette découverte bouleversa la civilisation. Les dirigeants abandonnèrent les programmes de transmutation des cerveaux. Les hommes retrouvèrent le sens de leur propre existence et comprirent que l'immortalité ne résidait pas dans la technologie, mais dans la conscience.

Avant de disparaître définitivement, Ferdick adressa un dernier message à l'humanité :

« Vous avez voulu sauver les cerveaux. Il fallait simplement apprendre à sauver les âmes. »

Le laboratoire Alpha 57 fut fermé à jamais. Ses portes restèrent scellées, comme le témoignage d'une époque où les hommes avaient cru pouvoir dominer la vie et la mort.

Et dans le silence de l'univers, certains affirment qu'il est encore possible d'entendre la voix de Ferdick, gardien invisible de l'avenir des hommes.


Cette nouvelle est dédiée à Ferdi et Pascal. 

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