Le septième voyageur
La poussière que soulevait l’engin pénétrait partout. Elle se glissait dans les interstices de la coque, s’accrochait aux capteurs, saturait les filtres et donnait au désert une présence presque consciente. Ce n’était plus un simple paysage : c’était une étendue vigilante, née des ruines du monde ancien, prête à avaler ce qui s’attardait trop longtemps au-dessus d’elle. Je savais que je ne pouvais tenir très longtemps au-dessus du désert. Les colonnes d’air brûlant déstabilisaient l’appareil, et les jauges thermiques grimpaient inexorablement. Chaque seconde me rapprochait du seuil critique. Pourtant, la mission devait être remplie. Le sauvetage devait réussir. Cette mission était prévue depuis longtemps. Bien avant que la Terre ne devienne un champ de cendres radioactives, bien avant que les nations ne s’effacent dans un éclair blanc. À l’époque, on parlait encore d’avenir. Aujourd’hui, on ne parlait plus que de continuité. La limite pour son exécution allait être atteinte. Mon casque...