La brume de Noirmoutier
Il était une fois, sur l’île de Noirmoutier, un soir de décembre où le vent de l’océan semblait porter en lui tous les secrets du monde. C’était l’un de ces jours suspendus, à la lisière de l’hiver, quand la terre retient son souffle et que le réel paraît plus fragile, comme s’il suffisait d’un pas de côté pour en fissurer la surface. Nous avions pris la route ensemble, presque instinctivement, pour traverser les sentiers cachés de l’île. Ces chemins de sable et de sel que seuls connaissent ceux qui y ont laissé un peu de leur enfance, et qui savent que certaines promenades n’ont pas besoin de destination. À mes côtés, une présence familière, solide, silencieuse quand il le fallait, toujours attentive. Une amitié ancienne, débarrassée des mots inutiles, faite de regards et de respirations partagées. Nous longions le port du Bonhomme, où les bateaux dormaient sous une lumière d’étain, bercés par l’eau noire. Puis La Guérinière glissa derrière nous avant que la route ne s’étire vers L’Ép...