Le soleil s’inclinait doucement vers la mer, comme un voyageur fatigué retrouvant son port d’attache. Le ciel, en feu, se fissurait de nuances d’orange et de pourpre, et les vagues, patientes, se teintaient d’or. Le feu et l’eau, si différents, devenaient pourtant un seul et même souffle : celui d’une symbiose fragile mais éclatante. Sur le rivage, Dédé et Ferdinand regardaient ce spectacle. Deux silhouettes immobiles, côte à côte, mais deux vies que tout semblait opposer. Dédé, ancien militaire, avait appris à marcher droit, à obéir aux règles, à tenir son rang sans fléchir. Sa carrière avait suivi des lignes nettes : la rigueur de l’uniforme, puis, plus tard, la régularité rassurante de la distribution automatique. Les machines, avec leur logique précise et leurs gestes répétitifs, avaient prolongé la discipline qu’il connaissait déjà. La stabilité, voilà ce que Dédé avait cherché après les marches et les missions. Ferdinand, lui, avait connu une route bien plus accidentée. Sa vie ét...
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